Retour sur le Conseil Métropolitain du 11 avril 2019

Le Conseil de Toulouse Métropole du 11 avril s’est caractérisé par des choix politiques de la majorité de droite attaquant les services publics au bénéfice des puissances privées.

Pierre Cohen, Président du Groupe Génération.s, socialisme et Ecologie,  est revenu, dans ses propos liminaires, sur la crise sociale qui perdure dans notre pays depuis 22 semaines. Ce mouvement risque de perdurer encore un moment tant les conclusions du grand débat avancées ne semblent pas répondre aux revendications légitimes des personnes qui n’arrivent pas à vivre dignement. « Rien sur les bienfaits de l’impact sur notre économie par les aides financières directes, tels les 1O milliards d’Euros injectés fin décembre, ce qui prouve de l’intérêt de la relance par la consommation, rien sur une forte demande de justice fiscale, rien sur l’attente de plus de services publics comme la santé » a-t-il regretté.

Il a relevé que l’affaiblissement de la puissance publique nationalement trouvait un écho localement via la politique menée par la majorité autour de Jean-Luc Moudenc qui dégrade les services publics par la réduction de la masse salariale, par l’affaiblissement des politiques publiques ou à coup de baisse de subventions. Pour illustrer ses propos, il a évoqué le cas de l’aéroport de Toulouse où seule une logique purement marchande a prévalu pour aboutir à sa privatisation avec l’accord tacite du Président de Toulouse Métropole.

 

C’est déjà Noël pour INDIGO

Après avoir exprimé son opposition à la délibération proposant de supprimer 40 places dédiées à l’abonnement des stationnements résidents pour le parking Victor Hugo car allant à l’encontre de l’esprit de l’extension des espaces piétons, Isabelle Hardy, s’est étonnée du geste fait envers Indigo pour la gestion du parking Jean-Jaurès. En effet le contrat mis au vote par la majorité propose l’exonération de la redevance tant que la Ligne à Grande Vitesse n’arrivera à Toulouse. « Rien ne saurait justifier une telle exonération, le projet de l’esplanade Jean Jaurès était déjà guidé non pas par une réflexion de projet urbain mais par la volonté d’offrir un nouveau parking à Indigo et aujourd’hui on l’exonère de redevance. Quel sera le prochain cadeau ? » a-t-elle demandé !

 

Un service de la propreté dégradé

Isabelle Hardy s’est interrogée sur les conséquences de la mise en œuvre du nouveau règlement de collecte des ordures ménagères qui sous couvert d’objectifs écologiques va amener de nouvelles pratiques comme la réduction du nombre de tournées dans certains quartiers ou la non desserte des endroits délicats : « Nous restons dubitatifs sur l’opportunité de la réduction des tournées de tri. En effet nous craignons que cette mesure amène les particuliers à utiliser les bacs des ordures ménagères lorsque leurs bacs de tri seront pleins ».

 

Renouvellement urbain : La fuite en avant ?

Claude Touchefeu, lors de l’étude des bilans de concertation préalable dans le cadre des projets de renouvellement urbain des quartiers prioritaires a regretté que moins de 1% des habitants des quartiers concernés ont participé aux différentes concertations. De plus, elle a constaté que les démolitions prévues sont en très grande augmentation puisqu’au final ce sont pratiquement 3 000 logements qui sont promis à la destruction. « C’est une fuite en avant ! On retrouve dans la concertation une appréciation contrastée de ces démolitions, a-t-elle fait remarquer. Les habitants sont heureux dans leur logement de grande qualité mais se plaignent de la gestion de l’espace public ». Elle a étayé ses propos en se référant aux conclusions de 2017 des commissaires enquêteurs qui avait émis un avis négatif estimant que seule la réponse urbanistique était abordée et qu’il manquait les aspects sociaux. Elle a relayé les inquiétudes des futurs relogés qui doutent de retrouver des logements répondant à leurs attentes.

 

Un 1er PLUiH à améliorer

A l’occasion de l’adoption du premier Plan Local d’Urbanisme Intercommunal et Habitat, Pierre Cohen, a reconnu toutes les difficultés d’un tel exercice. Après avoir félicité toutes les personnes ayant travaillé sur ce projet, il a souhaité cependant faire part de ses différences d’appréciations. Il a regretté que ce 1er PLUiH ne se résume qu’à une simple addition de l’ensemble des Plan locaux d’urbanisme des communes membres de Toulouse Métropole et que celui de la Ville de Toulouse pesait trop lourdement sur ce règlement. Il s’est ensuite étonné que les conséquences de la 3ème ligne de métro que pourtant la Municipalité annonce partout, n’aient pas été anticipées « or tout le monde sait l’impact d’un transport en commun tel qu’un métro sur les constructions et les espaces publics. » a-t-il alerté.

 

Une lutte contre la pollution à minima

Isabelle Hardy a rappelé que, aujourd’hui, dans la Métropole toulousaine, la majorité des gaz à effet de serre proviennent du trafic routier. « Malheureusement, on sait que ce n’est pas la solution du métro tel qu’il est tracé qui réduira le nombre de voitures en surface et qui répondra aux enjeux de santé publique car ce projet n’a pas une envergure d’agglomération, à quelques exceptions près. » a-t-elle souligné. Elle a aussi fait remarquer que l’absence d’une véritable lutte contre la circulation de transit, ou le manque de places en parking relais, ne fera qu’aggraver la situation.

 

Pour une gouvernance du grand cycle de l’eau de qualité

Lors de la discussion sur le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) Vallée de la Garonne, document de planification de la gestion de l’eau, Claude Touchefeu est revenue sur l’importance d’un tel texte car il permet pour un sujet majeur tel que la question de l’eau, de faire converger, de rendre cohérent l’ensemble des pratiques sur un vaste territoire.

Si elle partage les grandes lignes du document présenté, elle a précisé qu’il était très réducteur de limiter la consommation de l’eau de notre Métropole à la simple consommation d’eau potable alors que « en tant que consommateurs de produits de l’agriculture locale, nous avions une part de responsabilité des pratiques agricoles qui représentent 70 % de l’utilisation de l’eau ».

Elle a ensuite souhaité que Toulouse Métropole se dote d’un calendrier de mise en œuvre concrète des préconisations faites pour que celles-ci ne restent pas à l’état de vœux pieux.