Retour sur le Conseil Municipal du 14 juin 2019

Lors de ce Conseil Municipal, où 169 délibérations composaient l’ordre du jour, l’opposition municipale a parlé, encore une fois d’une seule et même voix sur des sujets fondamentaux pour Toulouse tels que le Compte Administratif, le Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain, le projet de requalification urbaine du site Guillaumet (ex CEAT), Dessine-moi Toulouse ou encore le schéma de développement commercial des quartiers.

Campagne de communication sur le bilan 2014-2019 : halte aux mensonges !

Avant l’étude de ces dossiers, Isabelle Hardy, au nom du Groupe Génération.s, Socialisme et Ecologie qu’elle préside, a débuté ses propos liminaires, par un appel à participer au Référendum d’Initiative Partagée (RIP) au sujet de la privatisation d’Aéroport de Paris (ADP) voulu par le Gouvernement. « Nous sommes hélas aux premières loges, ici à Toulouse, pour constater les dégâts de cette idéologie néolibérale. La privatisation de l’aéroport en 2015, activée par le Ministre Macron et que vous avez laissé faire, Monsieur le Maire, a été une faute politique ! Le choix de vendre 49,9 % du capital à Casil Europe s’est révélé désastreux. » a-t-elle déclaré.

Elle est ensuite revenue sur la campagne de communication des 5 ans de mandat présentée par le Maire et qui cache le lancement de sa campagne électorale au frais du contribuable. Cette communication qui peut s’apparenter à de la propagande tant sont passés sous silence les sujets qui fâchent alors que les projets mis en avant sont ceux lancés par l’ancienne municipalité sans que cela soit mentionné. « Oui vous dépassez dans vos expressions une ligne rouge, on peut être en désaccord et débattre mais le mensonge n’est pas ma conception de la politique. » a-t-elle conclu.

Comme Isabelle Hardy, Claude Touchefeu a rappelé la légitimité d’une telle campagne mais a souligné que la ligne rouge avait largement été franchie : le mensonge. « Concernant les quartiers prioritaires de la politique de la ville, la majorité laisse entendre qu’elle a initié les budgets participatifs ! C’est faux ! Lors de notre mandat, nous avions lancé les enveloppes par secteur, qui avaient pour objectif de laisser les habitants choisir les projets dans leur quartier » a-t-elle rappelé.  Elle a également tenu à rappeler les opérations de renouvellement urbain lancé par l’ancienne municipalité, notamment dans le quartier des Izards avec une volonté de décloisonner les quartiers. Et de préciser que cela avait été conduit dans une grande concertation avec les habitants. Elle a regretté l’arrêt de tout ce travail engagé empêchant ainsi de capitaliser des expériences permettant de travailler sur la notion de vivre ensemble. « Avec de tels mensonges, les habitants ne sont pas dupes, la confiance est altérée, le bilan n’est donc pas à la hauteur et non-partagé. »  a-t-elle conclu.

Une politique d’austérité qui ne dit pas son nom

A l’occasion de l’étude du Compte Administratif, Pierre Cohen a relevé une contradiction. Alors que cet exercice devrait être un outil d’évaluation des politiques publiques, la majorité, par une présentation partiale et encensée, y vante une politique dite maîtrisée qui s’apparente plus dans les faits à une politique d’austérité. Pour étayer ses propos, il a pris l’exemple du service éducation dont la grande partie du budget est consacré aux charges liées au personnel. Malgré une masse salariale qui évolue continuellement en raison de l’âge et de l’expérience des agents et un effectif toujours croissant des élèves, l’augmentation du budget n’est que 1,01 % entre 2017 et 2018. « Quand on sait que l’augmentation globale de la masse salariale de la Ville de Toulouse est de 1,15 %, ce qui est déjà largement en deçà du coût de la vie, comment croire que l’Education est une priorité pour cette majorité Municipale. On se rend compte que l’éducation est aussi victime de la restriction budgétaire au détriment de la qualité des services, de l’accueil des enfants et des conditions de travail des agents. » a-t-il déploré.

Une solidarité à minima

Claude Touchefeu a relevé des manques dans la contractualisation avec l’État en ce qui concerne l’accueil et l’intégration des réfugiés. «En Haute-Garonne, il y a 3 000 demandeurs d’asile pour seulement 1 300 places. Des demandeurs ne sont donc pas accueillis alors que l’Etat leur doit accueil et protection. Que deviennent-ils ? Aucun engagement de l’Etat sur cette question. » a-t-elle interrogé. Il en va de même pour les demandeurs d’asile qui sont déboutés mais qui restent sur le territoire. La contractualisation fait l’impasse sur ce point. Par ailleurs elle a regretté de n’avoir aucune présentation concrète des actions que la Ville compte mener pour les personnes ayant obtenu le statut de réfugiés.

Elle a ensuite déploré, comme elle le fait hélas lors de chaque conseil, les baisses continues des subventions aux associations qui viennent en aide aux plus fragiles. «Si l’on cumule les baisses successives, ces associations indispensables pour le vivre ensemble, auront vu, sur ce mandat leur subventions municipales diminuées de 20 % ! » a-t-elle précisé.

Dessine-moi Toulouse ou le recul de la puissance publique !

Isabelle Hardy s’est une nouvelle fois opposée à cette pratique qui consiste à laisser les futurs grands projets pour Toulouse dans les mains de promoteurs privés. Le programme Dessine-Moi Toulouse en est la parfaite illustration. Concernant le projet autour du site du Stade Toulousain, elle a rappelé que le lauréat a été choisi sur de grands principes et qu’il avait été annoncé que d’autres réunions suivraient pour affiner le projet avant son adoption définitive. « Or il nous est demandé de délibérer sur un périmètre qui aura un impact sur le projet. Les associations de riverains ont annoncé leur opposition, la concertation est nouvelle fois bafouée » a-t-elle dénoncé. Elle a demandé que dans ce contexte la délibération soit retirée. Sans succès.

Pierre Cohen a ensuite rappelé la grande divergence avec la majorité sur le rôle de la puissance publique. En effet, selon lui, elle doit déterminer les grandes orientations pour pouvoir maitriser les espaces publics et la vision dans chaque secteur. « Nous ne sommes pas contre les initiatives privées mais elles doivent être encadrées dans un partenariat solide, en concertation avec les riverains dans un cadre clair » a-t-il rappelé. Il a regretté que la majorité s’obstine dans une vision clairement libérale qui souhaite que la puissance publique ait de moins en moins de responsabilité et de poids dans les choix fondamentaux pour l’avenir de Toulouse.

Abandon du Schéma de développement cinématographique 

Dans le cadre de la présentation du schéma de développement commercial, Isabelle Hardy est revenue sur la politique cinématographique catastrophique menée par la Majorité Municipale. Elle a souhaité rappeler toutes les mises en garde qu’elle avait soulevé lors des précédents conseils Municipaux. En effet à de nombreuses reprises elle avait alerté sur les effets néfastes de la prolifération des multiplexes autour et dans Toulouse, qui fragilisent, voire font disparaître à la fois les cinémas du centre de Toulouse et les cinémas indépendants de l’agglomération.  « Nous y sommes. Alors que vous rejetiez mes remarques en affirmant qu’il n’y aurait aucune conséquence, nous venons d’apprendre que cinéma UGC va fermer en centre ville. Son installation à Montaudran aura des conséquences sur les cinémas de périphérie, comme par exemple celui de Ramonville. »

Subvention pour la rénovation de la Cathédrale de Notre-Dame de Paris : où sont les besoins ?

Concernant la subvention de 500 000 € annoncée par Jean-Luc Moudenc dans l’objectif de contribuer à la rénovation de la Cathédrale de Notre–Dame de Paris, Isabelle Hardy et Pierre Cohen ont rappelé l’émotion qui nous a toutes et tous envahi en regardant les images des flammes ravageant ce monument national. Une fois l’incendie éteint, des centaines de milliers d’Euros de dons ont été promis notamment auprès de la Fondation pour le Patrimoine. Les élu.e.s du Groupe Génération.s se sont donc interrogés sur le sens de cette contribution de 500 000€ versée sur 5 ans. « Où est le besoin quand suffisamment de dons ont été récoltés pour permettre la rénovation ? Il ne s’agit donc plus d’un geste de solidarité mais d’une aide auprès de l’État alors qu’il a déjà largement reçu. » a souligné Pierre Cohen. Dans ces conditions le groupe GSE a voté contre cette délibération.