Retour sur le Conseil Municipal du 22 mars 2019

Lors de ce Conseil Municipal, où 155 délibérations composaient l’ordre du jour, l’opposition municipale a parlé d’une seule et même voix sur quatre sujets fondamentaux pour Toulouse : l’urbanisme,  les tarifs des prestations municipales, le PLUi-H et le futur du quartier Compans.

La doctrine du coup par coup

Dans ses propos liminaires Isabelle Hardy, au nom du Groupe Génération.s, Socialisme et Ecologie qu’elle préside, a constaté que, à Toulouse, « nous sommes entrés dans une ère totalement dédiée à la communication pour faire oublier que bien souvent les priorités de la Municipalité sont en inadéquation avec la réalité des attentes et des besoins des toulousaines et des toulousains. » Et de citer l’exemple de la 3ème ligne de métro dont on pourrait croire qu’elle est déjà en service alors que les dates de l’enquête publique ne sont même pas connues. Il en va de même pour la «Tour Occitanie» qui se pavane dans tous les documents publicitaires alors que la commission d’enquête sur TESO imposée par l’Etat, commence à peine.

Pour Isabelle Hardy, cette façon de procéder est non seulement un problème de démocratie, mais tout aussi grave et impactant pour notre ville, c’est également le révélateur d’une absence totale de vision et de prospective sur le projet urbain. « Tout est fait au coup par coup, par opportunisme et non guidé par une stratégie cohérente » a-t-elle déploré. Stratégie cohérente qu’elle estime fondamentale pour fixer des objectifs ambitieux et cohérents, et les atteindre en matière d’équipements publics, d’habitat, d’usage partagé de l’espace public (piétons, vélos, habitants, touristes), en matière de commerce et d’économie…

Une charte de déontologie bienvenue

Concernant la charte de déontologie mise au vote, Isabelle Hardy a remercié les élus membres de la commission pour leur implication et leur sérieux lors des réunions de travail. Le document final va dans le bon sens même si quelques points restent à améliorer. « Il faudra par exemple étudier la question des emplois familiaux de moins de 3 mois » a-t-elle suggéré, et a souhaité qu’une charte équivalente soit adoptée à Toulouse Métropole.

 

Les associations toulousaines fragilisées

Claude Touchefeu est revenue sur la baisse continue des subventions aux associations quel que soit leur domaine d’intervention : social, socio-culturel, culture, sport. Cette année encore ces structures qui jouent un rôle majeur à Toulouse ont enregistré une baisse de 4 %.

Elle a souhaité relever le double discours de la majorité : « D’un coté la lutte contre les discriminations est annoncée comme une priorité et de l’autre les associations qui œuvrent dans ce domaine voient leurs dotations diminuer ». Elle a également souhaité aborder la question de la suppression des emplois aidés en demandant que soit fait un bilan sur les impacts de cette mesure.

 

Mélange de genres

Isabelle Hardy est intervenue pour s’étonner de la rédaction pour le moins curieuse d’une délibération proposant la vente d’un terrain, dans le quartier des Izard, au profit du diocèse de Toulouse. Le groupe scolaire privé qui doit s’élever sur ce terrain y est, en effet, qualifié d’équipement public !

Si l’on souhaite un véritable équipement municipal, ne serait-il pas plus utile d’utiliser ce terrain à d’autres fins ? « Privilégions un espace agricole ouvert au public ! » a-t-elle proposé, comme cela était prévu depuis longtemps.

 

Illusion fiscale

A l’occasion du vote des taux d’imposition pour 2019, Pierre Cohen a dénoncé la méthode de la majorité donnant l’illusion qu’elle n’augmente pas les impôts locaux.

« Faire voter la stabilité du taux d’imposition à 1 an des élections municipales, ne fera pas oublier aux Toulousain.e.s la hausse de 15 % par an des impôts locaux depuis le début du mandat. » a-t-il fait remarquer. Après avoir signé une contractualisation avec l’Etat la ville de Toulouse et sa majorité a acté une politique de rigueur avec moins de services publics et plus de contraintes pour les personnels. Pour les toulousain.e.s c’est la double peine une baisse de son pouvoir d’achat et une détérioration de la qualité des services.

 

TBS fait les frais d’une opération privée Place de l’Europe

Sur la construction du Campus de TBS derrière le Palais des Sports, Pierre Cohen, au nom de l’opposition, est revenu sur les rebondissements qu’a connus ce projet. Alors qu’un espace délimité avait été proposé pour intégrer le concours « Dessine-moi Toulouse », la Municipalité a, d’autorité, décidé de l’attribuer à l’école de commerce TBS pour son futur campus. Peut être souhaitait-elle se rattraper de son erreur de n’avoir pas favorisé l’installation de ce Campus sur le site de la caserne Caffarelli présente sur la place de l’Europe, cette dernière ayant été vendue à une structure privée pour en faire une école numérique privée. Au passage, la Municipalité en a profité pour privatiser un tiers de la place de l’Europe pour en faire un hôtel et ce malgré la forte opposition et l’inquiétude des riverains qui déplorent la disparition d’un espace public.
Pour Pierre Cohen, au-delà de ce choix, c’est une fois de plus, la preuve de l’approche de l’urbanisme au coup par coup. Ces deux projets sont révélateurs d’un manque d’anticipation et surtout d’un pilotage par des opérations immobilières plutôt qu’une vision globale et cohérente par une puissance publique qui privilégierait les enjeux de la cité et de ses habitants. Dans ce quartier, par une atteinte aux espaces publics et aux équipements publics, c’est bien l’intérêt général qui est sacrifié.
Pierre Cohen s’est fait le relais des inquiétudes sur la façon dont cet espace rempli d’étudiants va évoluer avec un espace public réduit à peau de chagrin. Il a également déploré la démolition du Petit Palais des Sports dont la reconstruction est envisagée dans le nord de Toulouse. « Pourquoi enlever cet équipement très fréquenté du centre ville ? Encore une concession au détriment de l’intéret général ! »

 

 

Un rayonnement culturel en berne

Vincentella De Comarmond a regretté que le partenariat entre Toulouse et l’Institut Français ait diminué d’un tiers alors même que celui-ci participe au rayonnement culturel international de Toulouse. La baisse des subventions touche également la Convention pluriannuelle d’objectifs 2019-2022 du Théâtre Garonne qui voit sa dotation chuter de 120 000 € en 5 ans. « Ces baisses de subventions sont dommageables pour le milieu culturel pourtant acteur phare de notre ville. » a-t-elle déploré.

De plus, elle a interrogé la majorité sur le malaise social au Musée des Abattoirs au moment même de l’inauguration d’une exposition d’envergure.

 

Une 3ème ligne de métro qui s’éloigne

A l’occasion de la présentation du rapport d’observations définitives de la Chambre régionale des comptes Occitanie sur le contrôle des comptes et de la gestion de Tisséo Ingénierie, Pierre Cohen a relevé que ce document montre bien les péripéties managériales de Tisséo depuis 2014.  Il en a profité pour réitérer ses inquiétudes quant à la soutenabilité du financement la 3ème ligne de métro : « Avec ce projet, nous aurons un endettement sans précédent et les investissements seront bloqués sur 20 ans au moins. Les chiffres annoncés sur la future fréquentation sont illusoires et ne servent qu’à légitimer un projet qui verra le jour dans une dizaine d’années. » a-t-il déclaré. Il a également rappelé que ce projet ne répondait en aucun cas à l’urgence de la situation en matière de transports en commun et qu’une coopération avec la Région sur le ferroviaire paraissait plus adaptée.

 

Vers un management calqué sur le privé

Claude Touchefeu a interrogé la majorité municipale sur sa vision du dialogue social avec les syndicats à l’occasion du vote sur le changement de régime indemnitaire pour les agents municipaux. « Peut-on établir un réel dialogue social quand on préfère utiliser le rapport de force pour imposer sa vision. » s’est-elle interrogée. Elle a rappelé qu’alors que les syndicats ont voté unanimement contre ce nouveau régime indemnitaire en comité technique, l’équipe municipale a quand même décidé de l’imposer au lieu de continuer la négociation.

Elle s’est inquiétée sur les primes accordées aux agents. « Pourquoi les individualiser ? Y-a-t-il une volonté d’aligner le management de la fonction publique sur le privé ? » a-t-elle demandé. « Cette pratique remet indéniablement en question l’égalité de traitement des agents. Dès le début du mandat, la majorité avait supprimé les primes aux contractuels alors que la manière de servir était la même pour tous » a-t-elle rappelé.

 

Indispensables ATSEM

Lors du vote de la délibération actant l’organisation d’un concours pour recruter des Agents Spécialisés pour travailler dans les écoles maternelles toulousaines, Pierre Cohen a souhaité rappeler que leur travail est essentiel et indispensable dans le dispositif d’éducation des jeunes enfants. Il y a souvent des manifestations de parents d’élèves ou de professeurs des écoles sur le manque d’effectifs qui nuit à leur travail « car votre affirmation d’une ATSEM par classe n’est pas vrai » a-t-il dénoncé. Ceci est dû au fait que les ATSEM sont appelées à cumuler fonction du périscolaire, de cantine et du temps d’accompagnement de l’enfant dans les classes. Il appelle au contraire à aider et à accompagner ces agents car leurs conditions de travail sont très contraintes et « n’oublions jamais que ce sont les enfants qui en sont les premières victimes » a-t-il conclu.