Retour sur le Conseil Métropolitain du 27 juin 2019

Dans ce Conseil de Toulouse Métropole du 27 juin 2019, encore une fois, beaucoup d’affichage pour peu de solutions concrètes répondant aux problèmes que connait notre agglomération.

Pierre Cohen, Président du Groupe Génération.s, Socialisme et Ecologie a débuté ses propos liminaires en rendant hommage à l’agent de la propreté de Toulouse Métropole décédé dernièrement dans l’exercice de ses fonctions.

Il a souhaité apporter son soutien aux syndicats des fonctionnaires qui s’opposent au projet de réforme de la fonction publique qui mettrait à mal les services publics et l’intérêt général.
Il a ensuite rappelé que l’épisode de canicule que nous connaissons nous rappelle à l’ordre sur l’impératif de lutter contre le dérèglement climatique par d’importantes mesures concrètes et non par des postures d’affichage. « M. Moudenc a réalisé qu’il fallait absolument être écologiste. Sa conversion opportuniste et soudaine à l’écologie ne trompe personne. Malheureusement, le dérèglement climatique et l’urgence environnementale ne se règlent pas en peignant en vert sa communication et le mobilier urbain ! » a-t-il ironisé.

Il a ensuite exprimé son indignation sur la campagne de communication de la majorité pour valoriser son bilan qui s’apparente de la propagande aux frais du contribuable.
« M. Moudenc a une fois de plus le culot d’affabuler et de réécrire l’histoire en s’arrogeant tous les succès. » a-t-il dénoncé.

Pierre Cohen a rappelé comment en 3 ans, de 2008 à 2010, sa majorité d’alors avait transformé une communauté d’agglomération sans compétence et sans moyen en une métropole capable de relever tous les défis. Il a aussi rappelé le rôle essentiel de l’ancienne majorité pour rééquilibrer les comptes de Tisséo Collectivités qui était au bord de la faillite.

Compte administratif : un budget insincère   

Dans le débat sur le compte administratif 2018, Pierre Cohen a dénoncé l’affichage budgétaire au Conseil Métropolitain complètement contradictoire de celui de la Ville de Toulouse, que ce soit sur l’épargne nette ou la dette. Il a regretté la priorité donnée aux investissements au détriment du fonctionnement. « Privilégier le fonctionnement marquerait une volonté politique de faire de la Métropole toulousaine une véritable puissance publique avec des services publics forts. » a-t-il souligné.
Il a ensuite demandé officiellement l’inventaire, sur le mandat, des projets voirie et espaces publics ; ceux financés sur le budget de la Métropole et ceux financés par la dotation des communes car ces informations ne se trouvent sur aucun document.

Pierre Cohen a réitéré ses inquiétudes sur la soutenabilité financière de la 3ème ligne de métro. La dernière étude d’experts en cours ne lève d’ailleurs pas ses doutes malgré une présentation partiale par la majorité. « On comprend mieux pourquoi cette deuxième simulation de soutenabilité, qui nous est présentée, passe de 180 millions d’Euros à 130 millions. Vous vous alignez sur la recommandation de la Cour des comptes qui avait pointé le fait que pour rester au niveau des 180 millions d’Euros, il aurait fallu augmenter la participation financière de la Métropole de 10 millions d’euros dès cette année ce qui aurait remis en cause l’équilibre du budget. » a-t-il conclu.

 

 Tout pour la voiture !!!

Claude Touchefeu est revenue sur le projet d’étendre le dispositif de gratuité des parkings certains jours pour encourager les personnes à venir faire leurs courses chez les commerçants du centre ville de Toulouse. Elle s’est étonnée que ce dispositif soit reconduit et déployé alors qu’il n’y a aucun retour sur les premières expériences. Et de se demander si ce dispositif avait un effet direct sur les commerces du Centre ville. Elle s’est ensuite étonnée qu’aucune des solutions proposées ne concerne les transports en commun. « Pourquoi ne pas proposer la gratuité des transports en commun lors de certains jours choisis ? Avec ce dispositif on incite les habitants de la Métropole et les Toulousains à venir en ville en voiture. Ceci est bien contraire avec toute la communication de la municipalité axée sur l’écologie » a-t-elle regretté.

 

Eau de Toulouse Métropole : l’art de brouiller les pistes 

 Jacques Tomasi a souhaité réagir à la proposition de créer la marque « Eau de Toulouse Métropole ». Il a rappelé qu’il est prévu que l’accueil téléphonique des usagers soit assuré par Véolia qui redirigera vers Suez ou la Métropole suivant les cas.

Il a relevé que paradoxalement l’appellation de la marque Eau de Toulouse Métropole, réaffirmait la prédominance du rôle de la Collectivité mais risquait d’avoir un effet déresponsabilisant pour les délégataires. « Lorsque les réponses seront insatisfaisantes il sera facile de les qualifier de réponses de la Métropole même si elles auront été faites par le prestataire. Cette dénomination montre toute l’ambiguïté du choix de la privatisation de l’eau, le profit pour le prestataire, la responsabilité pour la métropole. » a-t-il alerté.

 

Renouvellement urbain, la fausse bonne idée du tout démolir

Claude Touchefeu a souhaité saluer l’importance des investissements opérés dans les Quartiers Politique de la Ville notamment dans les copropriétés dégradées et qui ont porté leurs fruits surtout à Empalot et à Bagatelle. Elle a regretté cependant que parfois les volontés des habitants n’aient pas été prises en compte comme sur le dossier du Stade des violettes aux 3 cocus ou sur celui des espaces verts à Papus. Elle a également rappelé l’importance de l’équilibre à trouver entre démolitions et reconstructions.

« Certains pensent à tort qu’il suffirait de démolir pour supprimer radicalement les problèmes de ces quartiers qui sont très densément peuplés. La rénovation urbaine est un outil mais elle ne réglera pas tout. » a-t-elle conclu.

 

Plan climat : grand écart entre la théorie et la pratique

Isabelle Hardy s’est montrée déçue par le plan climat présenté par la majorité.

« Les actions proposées sont loin d’être à la hauteur de l’ambition que vous portez et annoncez à renfort de campagne publicitaire pour lutter contre l’urgence climatique et les nombreuses pollutions qui impactent gravement la vie et la santé de nos concitoyens» a-t-elle déclaré. Elle a complété son intervention en indiquant que même la Mission Régionale d’Autorité́ Environnementale (MRAe) émettait un certain nombre de recommandations pour une amélioration notable : des invitations à pousser plus loin les ambitions de la Métropole, notamment en termes de réduction de consommation foncière et de désimperméabilisation des sols, de réduction de la part modale des voitures particulières et de déploiement des modes doux, de développement des énergies renouvelables et des notions d’habitat durable dans les projets d’aménagement.
Elle a regretté encore une fois l’écart entre le discours et la réalité. « Comment vous donner du crédit quand vous ne voulez plus travailler avec l’association 2 pieds 2 roues, pourtant reconnue, parce qu’elle a osé émettre des critiques, quand vous ne faites pas appliquer la loi luttant contre la pollution lumineuse en ne sanctionnant pas les commerces toulousains qui n’éteignent pas leurs vitrines de 1h à 6h du matin, quand vous refusez de demander un couvre feu pour l’aéroport. » a-t-elle conclu.

 

Vœu sur l’urgence climatique : vœu pieux

Jacques Tomasi a souhaité réagir sur le vœu sur l’urgence climatique déposé par la droite.

Il a regretté qu’il ne s’agisse que d’un vœu pieux en désaccord avec la pratique de notre métropole. « On ne peut se contenter sur un tel sujet de donner des injonctions au gouvernement quand la politique que l’on mène est loin d’être exemplaire sur le sujet » a-t-il déclaré. Il a étayé ses propos en citant les échanges qui ont lieu durant ce conseil sur les mobilités, sur la priorité donnée à la voiture dans le dossier sur les parkings, ou encore en rappelant le faible effort démontré dans la présentation sur la politique cyclable avec le total de 6.5 km de pistes cyclables créées.