Retour sur le Conseil Métropolitain du 14 février 2019

Le Conseil métropolitain de février s’est tenu à Cornebarrieu, commune de la Métropole Toulousaine, avec à l’ordre du jour de grands dossiers dont l’étude de soutenabilité de la 3ème ligne de métro, le rapport de la Cour des Comptes sur Tisséo ou encore le projet de la Tour Occitanie.

Une période compliquée pour la majorité

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est CTM-14-02-19.png.Dans ses propos liminaires, Pierre Cohen, Président du Groupe Génération.s, Socialisme et Ecologie, a relevé la période compliquée dans laquelle se trouvait la majorité. Tout d’abord il a cité l’abandon du processus de métropolisation. Il a rappelé les nombreuses alertes émises sur les effets négatifs de ce processus, notamment sur la fracture que cela pourrait créer entre les zones urbaines et rurales. Il a ensuite évoqué le Rapport de la Chambre Régionale de Comptes d’Occitanie très critique quant à la gestion de Tisséo par l’actuelle majorité et de gros doutes sur la capacité financière de la 3ème ligne du métro. Enfin il est revenu sur les effets néfastes des privatisations en évoquant l’aéroport Toulouse-Blagnac comme exemple phare de la dérive dogmatique qui consiste à croire que le privé ferait mieux que le public.
Pour terminer son intervention, Pierre Cohen a eu quelques mots pour les salariés d’Airbus suite à l’annonce de l’arrêt de construction de l’Airbus A380. Il a souhaité rappeler qu’à plusieurs reprises, la majorité avait été alertée sur son Plan économique qui concentrait l’essentiel de ses efforts dans le domaine de l’aéronautique alors qu’il aurait fallu davantage développer et soutenir les domaines d’excellence afin qu’ils ne fuient pas nos territoires.

Isabelle Hardy s’est inquiétée de l’encart publicitaire de la Mairie de Toulouse et de Toulouse Métropole paru en dernière page du Journal régional « La Dépêche » et dans lequel il est mentionné « Les manifestations, ça suffit ! ». Elle a rappelé que le droit de manifester est garanti symboliquement dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, et que le rôle de la puissance publique est justement de le garantir et de le réaffirmer si besoin. Il n’est pas acceptable d’avoir utilisé des deniers publics à cette fin. «Nous aurions pu comprendre « La casse et la violence, ça suffit !  » » a-t-elle conclu.

Vives inquiétudes sur la soutenabilité du financement de la 3ème ligne de métro

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est attention.png.Pierre Cohen a exprimé ses vives inquiétudes sur la soutenabilité du financement de la 3ème ligne de métro.  » Ce projet, s’il venait à se faire, va bloquer et empêcher tout autre investissement lié au transport pour au moins 20 ans sans répondre à l’urgence d’engorgement que connait notre agglomération. » a-t-il annoncé. Les chiffres avancés sur la future fréquentation de la 3ème ligne et sur les financements de l’État et des Collectivités sont très hypothétiques car ils ne reposent pas sur des scénarios solides.
De plus, la diminution de la dotation de la Métropole à Tisséo de plus de 50 millions d’Euros, dans le nouveau plan de financement, discrédite encore plus la soutenabilité financière de la 3ème ligne. Pour Pierre Cohen, les financements doivent être engagés dans le développement du ferroviaire à partir de l’existant. Il a souhaité que pour cela la Métropole travaille avec la Région.

Requalification urbaine du Mirail :
un manque d’information

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Mirail-1.jpg.Claude Touchefeu, a souhaité avoir plus d’informations concernant la requalification urbaine engagée sur Mirail Université. Elle a regretté que seule une partie soit concernée alors qu’il aurait fallu prendre le secteur dans son ensemble.

« De même, il y a très peu de communication sur le devenir de l’immeuble des Castalides, véritable clapier fermé par l’ancienne Municipalité, et sur l’aménagement de la place Maillol » a-t-elle déploré. De fait, riverains, habitants et associations, devant le manque d’informations sur ces différents dossiers, se montrent très inquiets.
Dans le même esprit, Claude Touchefeu est revenue sur le feuilleton du Mégarama de Basso Cambo. Cela fait plusieurs conseils où des délibérations traitant de ce sujet de façon disparate sont inscrites à l’ordre du jour. Elle a regretté l’absence d’une présentation globale du projet. Il est difficile de se prononcer en l’absence d’une véritable vision d’ensemble mais seulement des petits plans présentés à chaque fois. « Qu’est-il inscrit dans le projet urbain ? Pourquoi le périmètre urbain n’est pas étendu à toutes les infrastructures ? Et le futur Megarama ? » a-t-elle demandé. Que cache cette stratégie ?
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Un rapport à charge pour la Majorité

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est logo-CRC-occ.jpg.

L’étude du rapport de la Chambre Régionale des Comptes relatif au contrôle des comptes et à la gestion de Tisséo entre 2012 et 2017 a bien donné lieu à un débat très dense. Pierre Cohen s’est d’abord attardé sur la façon dont ce rapport a été présenté en séance par la Majorité : « Seuls les points positifs ont été abordés en détail. Sur les choses négatives les choses deviennent plus floues. Or il y a de quoi dire ! » a-t-il ironisé. Il a ainsi rappelé que depuis 1 an, c’est-à-dire depuis que la Chambre Régionale des Comptes a commencé à rendre ses premiers travaux, un grand nombre de choses se sont passées. L’obsession pour avoir un projet de 3ème ligne avant la fin du mandat semble avoir conditionné tout le reste tel un rouleau compresseur : « le directeur de Tisséo démissionne, le président du conseil scientifique démissionne également, un appel d’offre infructueux retarde d’un an l’enquête publique, apparaissent ensuite des dysfonctionnements de gestion plus ou moins grave concernant les appels d’offres, et la soutenabilité financière de cette 3ème ligne est même contestée » a-t-il détaillé.

Quand Urbanisme et démocratie ne font pas bon ménage

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Tour-occitanie.jpg. Pierre Cohen a souhaité quelques éclaircissements sur l’accord financier négocié entre Toulouse Métropole et la Compagnie de Phalsbourg qui porte le projet de la Tour Occitanie. « Je lis que ces 2,5 millions d’€uros doivent servir à mettre des réseaux à jour et à financer des aménagements aux alentours du projet comme l’esplanade. Or, comment peut-on si tôt envisager de tels financements sur un projet dont l’enquête publique (exigée par l’Etat !) n’a pas encore eu lieu ? De plus les conséquences financières sur la collectivité pour un projet complètement hors norme semblent complètement sous-dimensionnées. » a-t-il remarqué. La Métropole agit comme si le projet était déjà acté en l’état sans tenir compte des inquiétudes soulevées par les riverains.

Un contrat de ville et un plan pauvreté en deçà des enjeux

Profitant de la présentation du prochain contrat de Ville, Pierre Cohen, a insisté sur l’humilité nécessaire pour traiter de tels sujets. Il a rappelé que les secteurs géographiques concernés sont essentiellement toulousains. Ils sont le résultat d’une longue gestion du peuplement qui a abouti à concentrer les publics en très grande difficulté au même endroit accentuant ainsi une véritable cassure entre ces quartiers et le reste de la ville malgré des millions d’€uros investis. Et alors que le plan Borloo semblait faire consensus en prenant en compte toutes les complexités du sujet (sécurité, prévention, cohésion sociale, emploi, …), Pierre Cohen a regretté que le Président Macron l’ait balayé d’un revers de main.

Claude Touchefeu a regretté les orientations du Gouvernement qui font porter la lutte contre la pauvreté sur les Collectivités Locales. Il en résulte une série d’actions plutôt qu’un véritable plan. « Pour pouvoir capter des financements nationaux, la majorité métropolitaine fait le choix de valoriser des actions déjà existantes sans engager de nouveaux financements, nous le regrettons. Ce plan est largement en deçà des enjeux.» a-t-elle déploré.

Un Plan d’Aménagement des Routes Métropolitaines infinançable

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est bouchon.jpg. Si le Plan d’Aménagement des Routes Métropolitaines tel que présenté lors de ce conseil Métropolitain est d’une très grande qualité, il comporte néanmoins deux gros défauts selon Pierre Cohen. Tout d’abord il conforte la prédominance de la voiture dans notre agglomération alors qu’il faudrait au contraire tout mettre en place pour limiter ses effets néfastes notamment sur la qualité de vie des métropolitains. Ensuite il ne priorise pas les chantiers à engager. « Nous avons à faire à une véritable liste à la Prévert estimée 2 milliards d’euros dont au moins 3 mandats n’y suffiront pas pour en arriver à bout » a-t-il constaté.

Les voeux proposés par le Groupe Génération.s, Socialisme et Ecologie

Comme lors de chaque conseil, les vœux déposés par les groupes politiques sont étudiés en fin de séance. Le Groupe Génération.s, Socialisme et Ecologie en avait inscrit deux à l’ordre du jour.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est avion.jpg.Le premier vœu demandait l’instauration de la fermeture entre minuit et 6h du matin de l’aéroport de Toulouse-Blagnac et la mise en place d’un système de surveillance du bruit indépendant. Devant la volonté de la Majorité d’amender le texte en supprimant la notion de fermeture et en renforçant les dérogations qui accentuent les nuisances sonores pour les riverains, Pierre Cohen au nom des élus du Groupe Génération.s, Socialisme et Ecologie a demandé le retrait du vœu. (lire ici le vœu)

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Commerces-en-danger-3.png. Le second vœu, présenté par Claude Touchefeu, proposait la mise en œuvre d’un dispositif d’urgence de soutien aux commerçants et artisans. A l’instar du Département, il était proposé que Toulouse Métropole abonde à un fond géré par la CCI pour venir en aide aux artisans et aux commerçants impactés par les manifestations. Ce vœu a été rejeté par la majorité. (lire le vœu ici)