Saint-Simon : un quartier en ébullition

500 personnes ont manifesté dans le quartier de Saint Simon le 4 Juin 2019 sous les bannières : « Notre quartier vaut plus que vos chantiers » « Stop au béton», « On veut des pistes cyclables, des espaces verts, un gymnase ».

Le mécontentement est grand du fait de  trop de constructions sans déploiement d’équipements publics en correspondance malgré les promesses.

La grogne est telle que le maire/candidat a fait distribuer mi-juillet dans toutes les boites aux lettre du quartier une longue lettre de 4 pages dans laquelle il essaie d’éteindre le feu. Il n’hésite pas d’y réitérer des promesses faites depuis longtemps mais non tenues comme la piste cyclable dite « Liffard/ Eisenhower » dont la réalisation avait déjà été annoncée en commission de quartier …le 8 décembre 2015 ! ou la création d’un gymnase, promis en 2014, et régulièrement annoncé « en bonne voie » depuis 5 ans, sur des sites différents NXP ? près de l’école ? demain ?… Ou à faire des promesses pour ….2022 comme l’implantation d’une station VelOToulouse…!

Et surtout concernant le nombre de constructions, le Maire/candidat n’hésite pas à faire porter la responsabilité sur le PLU précédent alors même que c’est lui qui notamment :

  • a ouvert à l’urbanisation le site NXP en passant outre les préconisations du commissaire enquêteur lors de la révision du PLU – Vinci y a donc déployé un projet de 550 logements.
  • a lancé l’appel à projets immobiliers sur les terrains appartenant à la ville chemin de Guillhermy sans même que le cahier des charges ne soit mis en discussion ni auprès des habitants, ni même mis en délibération au conseil municipal. (190 logements)
  • a signé l’ensemble des permis alors que des restrictions peuvent y être apportés notamment en matière d’existence ou non de voirie adaptée à la grosseur du projet.
Pourtant Saint Simon est l’exemple même du quartier où l’oxymore préféré du maire «la densité modérée » aurait pu prendre un sens.
En effet, Saint Simon, quartier jusque là le moins dense de Toulouse a certainement une contribution à apporter à la nécessaire densification de la ville.
Mais Saint-Simon est aussi un quartier ancien, quartier de maraichage et de maisons de maîtres, dont le réseau de voirie n’est absolument pas adapté à l’urbanisation actuelle. Trois de ses axes (chemin Tucaut, route saint simon, chemin Basso Cambo) sont largement utilisés comme porte d’entrée sur Toulouse par les habitants de l’ouest toulousain, et absorbent avec difficulté à la fois ce flux entrant et l’augmentation de la desserte directe de nouvelles constructions poussant sur les anciens terrains maraichers. Le maillage interne est lui aussi bien souvent constitué de chemins anciens ( Rue Reguelongue, chemin Canto laouzetto.. ) non adaptés.
C’est dire que l’évolution du quartier ne peut se faire que dans le cadre d’un aménagement d’ensemble, associant plan de déplacements, (tous modes de déplacements), équipements publics et commerces, espaces verts et logements.
C’est pour cela notamment que lors du mandat précédent, l’équipe municipale avait lancé une OAP (Orientation d’aménagement et de programmation) sur l’ensemble du grand secteur Guillhermy ; malheureusement la logique de « valorisation du foncier », amenant la ville à céder systématiquement terrains et bâtiments municipaux au plus offrant a été plus forte que la logique d’aménagement.
Et s’il y a à Saint Simon une grogne il y a également une expertise des associations et une grande disponibilité à la participation.
Fort de cette richesse à Saint-Simon et dans tous les quartiers, les projets dans le prochain mandat devront être débattus en amont avec les citoyens pour faire de Toulouse une véritable cité partagée.