Conseil Municipal du 14 juin 2019 : liminaires d’Isabelle HARDY, Présidente du Groupe Génération.s, Socialisme et Ecologie

« Monsieur le Maire, Chères et Chers collègues,

Je voudrais m’associer à l’hommagerenduà l’agent municipal de Toulouse Métropole qui a perdu la vie dans l’exercice de ses fonctions. Je souhaite aussi, au nom du groupe Génération.s et en particulier de Claude Touchefeu et de Pierre Cohen qui l’ont bien connu, rendre hommage à Jean-Claude Guiraud, médecin engagé s’il en est, qui vient de nous quitter. Des terrains et aires d’accueil des tsiganes, de St Simon à Ginestous, de St Martin du Touch aux campements sauvages, le docteur Guiraud a œuvré tout au long de sa vie pour les gens du voyage, la solidarité, la reconnaissance de gens marginalisés mais il était également très impliqué pour la cause des personnels communaux. Plus que jamais aujourd’hui ce sont des combats qui ne peuvent être gagnés qu’avec des personnes totalement engagées et donnant priorité à la solidarité et au collectif avant tout.

Mais lors de ce conseil, l’actualité nous rattrape et je souhaite dire un mot du Référendum d’Initiative Partagée (RIP) au sujet de la privatisation d’Aéroports De Paris (ADP).

Il est bien sûr de notre responsabilité de participer à la mobilisation générale pour faire de ce référendum un succès et d’atteindre les 4,7 millions de signatures nécessaires.

Il est de notre responsabilité d’empêcher de vendre une entreprise, actif stratégique de l’Etat, largement rentable et qui a rapporté 175 millions d’euros de précieux dividendes en 5 ans.

Il est de notre responsabilité de faire le parallèle avec l’aéroport de Toulouse, dont les missions sont cruciales et qui s’inscrit, comme ADP, dans un schéma global d’aménagement du territoire.

Nous sommes hélas aux premières loges, à Toulouse, pour constater les dégâts de cette idéologie néolibérale. La privatisation de l’aéroport en 2015, activée par le Ministre Macron et que vous avez laissé faire Monsieur le Maire, a été une faute politique ! Le choix de vendre 49,9 % du capital à Casil Europe s’est révélé désastreux. Après avoir multiplié les vols low cost rendant la vie insupportable aux riverains, Casil a décidé de vendre ses parts et d’empocher les dividendes.

Saisie par le Collectif contre la privatisation de l’aéroport de Toulouse, la Cour Administrative d’Appel de Paris a prononcé la nullité de la procédure de privatisation et donc la nullité de l’autorisation de vendre à la société CASIL Europe. Le collectif a lancé ensuite une action auprès du Tribunal de Commerce de Paris pour obtenir la nullité de la vente elle-même.

Ceci est la preuve que lorsque les citoyen.ne.s se mobilisent, ils peuvent reprendre en main la vie démocratique et être acteurs de leur destin. Nous vous demandons de vous associer au RIP.

Nous vous demandons aussi que tout soit mis en œuvre pour la réussite de cette première expérience de Référendum d’initiative partagée, et que, comme la loi l’exige, des sites soient mis à disposition pour les toulousaines et les toulousains puissent s’exprimer sur ce dossier national plus que symbolique.

Je crois qu’il est important de se concentrer sur des dossiers comme celui-ci qui impactera durablement notre territoire. Or force est de constater que plus rien ne compte à vos yeux en dehors de la campagne électorale que vous avez démarrée, à grand renfort de communication, au frais du contribuable, profitant du fait que vous avez jusqu’au mois de septembre pour faire payer par la collectivité ce qui s’apparente à de la propagande. Je souhaiterais à ce propos en connaître le budget consolidé.

Alors ce n’est pas moi qui vous ferait le procès d’une campagne de communication, tant celle-ci est importante pour une collectivité, pour informer les toulousaines et les toulousains.

Mais cela voudrait dire une communication honnête, sincère, qui soit le reflet de la réalité, une communication publique positive , qui ne mente pas, qui ne réécrive pas l’histoire, qui n’ait pas besoin de tenter de discréditer les politiques précédentes pour valoriser ses actions actuelles.

La liste est longue, je ne prendrai que quelques exemples :

Les écoles ? Vous nous reprochez d’avoir privilégié les travaux à la construction d’écoles ? Nous en avons construit 6 et nous nous serions bien passé des 60 millions d’euros nécessaires à la rénovation pour éviter d’avoir des établissements insalubres où les enfants n’osaient même plus aller aux toilettes !

Alors oui vous avez fait ce qu’il fallait en termes de construction mais en réduisant les prestations et les services scolaires.

Le pouvoir d’achat ? Vous ressortez le serpent de mer de l’épargne qui aurait disparu en 2014, mais l’épargne sera la même à la fin de votre mandat que celle que vous avez trouvé en 2014.

Et pendant ce temps-là vous avez augmenté les impôts de 15 %, vous avez augmenté les tarifs des services publics et supprimé la gratuité des cantines et des transports pour les plus démunis.

Alors même si la taxe d’habitation va disparaître ils y aura toujours la taxe foncière et de façon récurrente, les toulousaines et les toulousains auront mis la main à la poche pour des services publics dont ils bénéficient de moins en moins.

L’écologie ? là encore vous êtes très fort, vous surcommuniquez sur ce que vous savez être votre point faible… verdir les rues ne suffit pas à mettre en œuvre une vraie politique à la hauteur des enjeux et de l’urgence climatique. Votre réponse à la pollution atmosphérique ? une hypothétique 3ème ligne de métro dont on sait qu’elle n’est pas la réponse à la diminution des voitures. Votre réponse à la pollution lumineuse ? un éclairage clientéliste notamment pour des causes que vous n’aviez jamais soutenu jusqu’à présent.

Depuis le 1erjanvier vous avez découvert l’écologie alors que vos actions ne sont pas à la hauteur des politiques de ruptures nécessaires. On peut citer le projet de 2ème rocade que même votre ami Jean-Louis Borloo a stoppé considérant qu’il ne répondait pas aux besoins.

Je terminerai sur votre attaque en règle sur la démocratie locale…en effet nous n’avons pas la même conception de la démocratie et de la concertation. Nous avons été, avec Régis Godec et Jean-Marc Barès, adjoints de secteur. Certes, nous n’avions pas utilisé le terme de maire de quartier car il n’y a qu’un maire et nous n’avons pas d’arrondissement et notre mission était d’organiser de véritables concertation, non pas des concertations de façade pour tous les projets structurants que nous avons lancés.

Non, nous n’étions pas uniquement dans nos bureaux. Oui il fallait y passer du temps car nous ne confondons pas démocratie et proximité. Et pour aller rencontrer les citoyens, en amont, il faut travailler, comprendre, maîtriser ses dossiers, … oui en ce qui me concerne j’ai mené des centaines de réunion, pour certaines vive mais constructives, pour le projet Alsace qui n’était ni fait ni à faire, pour la pietonnisation du centre-ville, pour les projets commerciaux d’Empalot, de Borderouge, de tibaous, de Montaudran, de TESO, pour mettre en œuvre une politique en matière de commerce avec tous les acteurs concernés (qu’au passage vous avez supprimé)…Et nous étions 6, entourés d’élus de quartier, mes collègues pourraient en dire tout autant.

Alors à vous lire et vous entendre, nous n’avons pas associé les toulousaines et toulousains mais vous avez réussi où nous avons échoué. Mais, à votre politique d’urbanisme d’opportunisme, à Toulouse 2030 qui vend la ville aux promoteurs, nous préférons Toulouse 2031, qui propose une réflexion basée sur la co-construction et la concertation citoyenne qui redonne son rôle à la puissance publique. Je vous invite à y participer ce week-end.

J’aimerais savoir…Où vous faites des citoyens heureux ? A St Simon ? A Sauzelong ? A Papus ? Dans le quartier de Toulouse Euro Sud Ouest ? A coté de la future Tour Occitanie ? Dans les quartiers impactés par les vols de l’Aéroport ? parmi les personnels épuisés des CLAE et des crèches ?

Immobilisme dites-vous ? Soyez honnête, votre bilan est composé en majorité de projets que nous avons lancés.

Oui vous dépassez dans vos expressions une ligne rouge, on peut être en désaccord et débattre mais le mensonge n’est pas ma conception de la politique.

Je voudrais enfin terminer sur une note positive et souhaiter bonne chance à l’équipe du Stade Toulousain, demain lors de la finale du Top 14 ! »

Isabelle Hardy