Toulouse 2030 : le rêve d’une ville privatisée

Dans quelle ville voulons-nous vivre demain ?  Une ville libérale et  privatisée, accessible uniquement aux plus riches, ou une ville solidaire, ouverte, inclusive, respectueuse de l’environnement ?

Il est de la responsabilité d’un Maire et d’un Président de Métropole de définir la ville de demain, tant les enjeux sont grands, notamment pour une métropole comme la nôtre en termes de mobilité, d’environnement, d’urbanisme, de logement, de vivre ensemble, d’espace public et de démocratie… Mais cette responsabilité doit s’exercer, non pas de façon autoritaire et Jupiterienne, mais guidé par l’intérêt général, et en associant tous les acteurs et actrices concernées : les habitant-e-s, les associations, les acteurs économiques…

Or Toulouse 2030 est à l’opposé d’une démarche guidée par une stratégie cohérente.

C’est tout simplement la ville telle que la rêve les acteurs privés de l’habitat et de l’urbanisme, avec l’assentiment de Jean-Luc Moudenc.

Toulouse 2030 est une ville où la puissance publique n’aurait plus son mot à dire sur les orientations en matière d’urbanisme et d’architecture aux seuls profits des promoteurs.

Que des acteurs privés fassent la promotion de leur savoir-faire, ou qu’ils expriment leur vision de la ville n’est pas choquant, et il n’est pas question de remettre en cause l’expertise et le professionnalisme des acteurs économiques. Mais le mélange des genres est intolérable.

Ils étaient en force, ces acteurs du privé, en octobre dernier, pour présenter leur Métropole idéale.

Mais cette ville rêvée des promoteurs, la droite toulousaine, depuis 2014, la prépare minutieusement. Elle n’a de cesse de déléguer ses responsabilités au privé en privilégiant un urbanisme d’opportunisme.

Depuis 2014, la maîtrise publique des opérations d’urbanisme a baissé continuellement et les exemples de recul des pouvoirs publics sont nombreux, à Jolimont, Malepère, Place de l’Europe ou encore s’agissant du patrimoine communal comme l’illustre la vente de Croix-Baragnon ou de l’immeuble des Nouveautés … Des modifications de la réglementation urbaine ont été faites en fonction des intérêts bien compris des propriétaires des terrains (Purpan, Latécoère, Freescale, …), sans parler des projets urbains imposés au profit de certains grands promoteurs ou opérateurs pour des logements et hôtels de luxe (Tour Occitanie, Hôpital La Grave, parking Jean-Jaurès…).

Les besoins en logement dans une ville dynamique comme celle de Toulouse sont immenses. Ce n’est pas en donnant les clés de Toulouse aux promoteurs que ce problème va se résoudre de manière satisfaisante. La politique en matière de logements doit être menée avec éthique, sans mélange des genres, quels qu’ils soient, dans le souci de l’intérêt général et en toute indépendance.

Une ville digne de ce nom doit penser le vivre ensemble via ses habitants, ses associations en co-construisant un espace public partagé, un urbanisme accepté. C’est en ce sens qu’il faut associer les nombreuses associations toulousaines qui œuvrent pour une ville dont la co-construction est guidée par l’intérêt général, comme en autre Toulouse 2031. C’est à cette condition que chacune et chacun y trouvera sa place.