Retour sur le Conseil Métropolitain du 4 octobre

Toulouse Métropole n’est pas au rendez-vous de l’urgence

Au travers des points inscrits à l’ordre du jour du conseil Métropolitain du 4 octobre,  les grands défis auxquels nous sommes confrontés ont été abordés : la ressource en eau, la qualité de l’air, l’organisation de notre cité et du vivre ensemble. Pour les élus du groupe Génération.s, Socialisme et Ecologie, la métropole n’est malheureusement pas au rendez-vous.

Quand Jean-Luc Moudenc prend le Président Macron pour modèle …

Lors de ses propos liminaires, Pierre Cohen, Président du Groupe Génération.s, Socialisme et Ecologie de Toulouse Métropole, a souligné la responsabilité du politique dans la crise de confiance que nous vivons,  due en grande partie à la personnalisation extrême du pouvoir. Que ce soit nationalement avec le président Macron ou localement avec Jean-Luc Moudenc, le foisonnement de communication masque des politiques publiques inégalitaires et injustes et des promesses non-tenues. Tout comme le Président Macron dont il a souvent affirmé qu’il était un précurseur, Jean-Luc Moudenc pratique un pouvoir personnalisé et n’hésite pas à revenir sur ses positions : opposé à la Métropolisation il y a un an, il y est désormais favorable !

La Métropolisation annoncée ne peut être la concentration de toutes les compétences. On peut notamment craindre une rupture de la solidarité entre les territoires. Les Métropoles ont de très nombreux atouts pour relever les défis de ce début du XXIème siècle mais la politique de ruissellement ne fonctionnant pas il est nécessaire de projeter une contractualisation pour irriguer tous les territoires.

Etre à la hauteur du grand défi de demain de la ressource en eau

Lors de la discussion sur la ressource en eau à moyen et long terme, Claude Touchefeu a rappelé que la gouvernance de ce bien commun est un enjeu capital. Il n’est pas possible d’anticiper aujourd’hui toutes les réponses aux questions qui se posent à nous sur la raréfaction de la ressource, les luttes contre les pollutions ou la qualité de l’eau. Elle a réaffirmé la nécessité dans ce cadre d’une gestion publique. Elle a critiqué la volonté du gouvernement de ponctionner le budget des agences de l’eau au moment où elles ont de forts défis à relever. A travers ces ponctions, le gouvernement revient également sur une règle aujourd’hui claire de «l’argent de l’eau sert à l’eau ». Elle s’est en revanche opposée à une vision égoïste de la relation avec l’Agence de l’eau telle que présentée par le Président qui insiste lourdement sur la comparaison des subventions reçues et de la contribution de la Métropole à l’Agence de l’eau.
Cette présentation « I want my money back » présente une vision qui considère cet état de fait comme une solidarité et non comme une contribution légitime à l’ensemble du cycle de l’eau.

Qualité de l’air : La Métropole n’est pas au rendez-vous de l’urgence

Isabelle Hardy est revenu sur le plan de déploiement des Zones à Faibles Émissions tel qu’il est proposé. Cette mesure, bien que positive, ne répond pas à l’urgence de la situation et soulève de nombreuses interrogations quant à son application et les moyens de contrôle prévus.

En effet, Toulouse stagne en matière d’environnement comme le montre une récente étude de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui la classe dans le top 10 des villes les plus polluées de France. Les pics de pollution se multiplient depuis plusieurs mois.

Alors qu’une politique globale est nécessaire, des points d’alerte et d’inquiétude émergent : l’arrêt de la piétonisation du centre-ville, le retour de la voiture et des effets néfastes que ce retour entraine. Le Plan de Déplacement Urbain, quant à lui, n’apparait pas comme une véritable alternative face aux déplacements en voiture et ne répond pas à l’urgence : les voitures continueront de circuler et d’émettre des gaz polluants.

Il est urgent d’agir…la pollution de l’air est la 3ème cause de mortalité en France.

Du retard à l’allumage

Après l’annonce de la mise en service de la 3ème ligne du métro un an après la date initialement prévue, soi-disant pour de simples raisons techniques, Pierre Cohen souligne la capacité de la majorité à donner l’illusion que ce projet existe alors que sa réalisation est de plus en plus hypothétique. En témoigne la Commission d’enquête plus qu’interrogative en la matière.

Il a regretté également le retard de plus de deux ans pour la mise en service du téléphérique. Voulu par l’ancienne municipalité, ce projet a d’abord été rejeté par l’équipe actuelle avant d’être réétudié et reprogrammé.

L’argent du public ne doit être au service du privé

Claude Touchefeu et Pierre Cohen ont souhaité des précisions sur une opération de 1,8 millions d’Euros consistant à construire un accès et un parking tout près du futur complexe de cinéma de Basso Cambo. Devant les informations peu claires, ils ont soulevé l’ambigüité du projet et rappelé que les collectivités locales ne doivent pas financer les projets privés à but lucratif. Affaire à suivre …

Une enquête publique bienvenue

Pierre Cohen s’est réjoui du lancement d’une enquête publique unique, à la demande des services de l’État, sur le Projet Euro Sud Ouest qui intègre enfin le projet de la tour Occitanie. Cette enquête va en effet permettre de donner la parole aux habitants alors que tout a été orchestré par la majorité pour les en priver. Le passage en force opéré pour construire cette tour sans que les Toulousaines et les Toulousains puissent donner leurs avis est un échec. La communication ne peut remplacer la concertation.

Le DECOSET de demain

Jacques Tomasi a souhaité attirer l’attention du Conseil sur la situation des agents métropolitains qui vont intégrer DECOSET. Ce transfert de personnel doit être accompagné par les élus et l’administration pour en garantir la réussite. Cette structure, qui a un rôle fondamental dans la gestion des déchets, a tous les atouts pour évoluer qualitativement et quantitativement.

Une approche égoîste de la relation avec l’agence de l’eau

Faisant écho à l’intervention de Claude Touchefeu dans le débat et constatant que l’essentiel du vœu présenté par le groupe majoritaire critique une part trop importante de la métropole envers le rural dans le financement du cycle de l’eau, Jacques Tomasi au noms du Groupe Génération.s, Socialisme et Ecologie, a proposé une modification. Il a ainsi demandé qu’apparaisse dans le voeu la remise en cause de la diminution du budget de l’agence de l’eau par le Gouvernement. Devant le refus de la majorité de corriger le vœu, les élus du Groupe Génération.s, Socialisme et Ecologie ont voté contre.