Mais quelle mauvaise foi !

Partant pour Lourdes le 15 Août,  MM. Jean-Michel Lattes et Jean-Baptiste de Scorraille, respectivement adjoint au maire chargé des transports et conseiller municipal délégué à la Démocratie locale, n’avaient pas oublié de glisser leur écharpe tricolore dans leur valise.  Et c’est ceints de leur écharpe qu’ils ont participé à la « prière pour la France » et l’ont fait savoir à travers moult photographies diffusées sur les réseaux sociaux.

En agissant ainsi, ils ont clairement et sciemment bafoué le principe de laïcité, principe constitutionnel de notre République.

Non pas parce qu’ils ont personnellement participé à cette cérémonie, mais bien parce qu’ils ont voulu y affirmer le lien entre cette participation et leur fonction d’élu, niant ainsi le principe même de « séparation » des religions et du pouvoir politique.

Plus inquiétantes encore ont été les réactions de JL Moudenc aux légitimes critiques que le port de cette écharpe avait suscitées. A travers deux  tweets assez violents, il a voulu voir dans ces critiques un « sectarisme anti catholique » et a affirmé que « dans le monde et la France de 2018, les inquiétantes atteintes à la laïcité ne concernent plus la religion catholique », « chacun [sachant] que les problèmes sont ailleurs ».

Mais quelle mauvaise foi que de déplacer la critique visant l’attitude de deux élus ayant bafoué le principe de neutralité, en déformant et transformant cette critique en un jugement d’une toute autre nature !

Quel nouveau manquement au principe de neutralité que de s’engager dans une hiérarchisation des religions, pleine de sous-entendus.

Parfois, les masques tombent et le personnage en apparence fraternel et démocrate montre un visage marqué par le conservatisme et le dogmatisme.

La laïcité n’est pas une valeur que chacun pourrait défendre « à sa manière ». La laïcité, c’est un principe, il ne peut être à géométrie variable : c’est la séparation des Églises et de l’État, c’est la loi de 1905. Chacun est libre de choisir sa religion, l’Église ne doit exercer aucun pouvoir politique, l’État aucun contrôle dans le domaine religieux, aucun financement du culte.

L’État doit être impartial, et les représentants de la fonction publique neutres.

Ce qui nous scandalise ici c’est bien que « Dans la France de 2018, d’inquiétantes atteintes à la laïcité concernent des élus. »

Alors que l’instance « Toulouse Fraternité, conseil de la laïcité » a élaboré un guide de repères pour les agents municipaux, il semble nécessaire d’y inclure un nouveau chapitre à destination des élus.