Retour sur le Conseil Municipal du 15 juin 2018

Le Conseil Municipal du 15 juin 2018 fut dense puis qu’il a duré près de 13 heures. Il n’en fallait pas moins pour étudier les 160 délibérations proposées.

Comme lors des derniers conseils municipaux, l’opposition municipale, composée des Groupes Socialiste, Génération.s, Ecologiste et Communiste, a choisi de parler d’une seule voix sur quelques-uns des sujets les plus importants débattus : le Compte Administratif, la contractualisation entre l’Etat et la Ville de Toulouse pour limiter la hausse des dépenses de fonctionnement et le plan Climat. Ce Conseil Municipal était aussi le premier où Isabelle Hardy intervenait en tant que Présidente du Groupe Génération.s, Socialisme et Ecologie, nouvellement créé.

Toulouse mise sous tutelle

Evoquant le climat social national tendu, Isabelle Hardy a, dans son propos liminaire, livré sa crainte que la réduction des dépenses publiques, érigée au rang de vertu absolue par le Président de la République et localement par le Maire de Toulouse, ne dessine un avenir plus dur pour beaucoup et notamment pour les plus démunis.
Elle est à ce sujet revenue sur la visite du 1er Ministre à l’occasion de la signature du contrat financier entre l’Etat et Toulouse Métropole. « Ce n’est qu’un épisode de communication de plus pour la municipalité, a-t-elle constaté, puisqu’aucune annonce concrète pour Toulouse n’a été effectuée. Cette contractualisation n’est qu’un marché de dupes ; il s’agit plutôt d’une mise sous tutelle de Toulouse par l’Etat ».
Toujours dans ses propos liminaires, Isabelle Hardy regrette la plus grande tolérance faite à la voiture en ville. Elle déplore qu’« à l’heure des grandes annonces du plan climat, alors que France Nature Environnement a classé Toulouse dans le top 10 des villes les plus polluées en France, on arrête la piétonisation, on ne se pose plus la question de l’extension de l’interdiction de la circulation de transit, on construit des parkings en cœur de ville… »
Pour terminer elle formule le double vœu que le Maire « change son regard sur les services publics » et qu’ « il privilégie une vision prospective dont Toulouse à besoin ».

La municipalité s’aligne sur la politique libérale du gouvernement

Pierre Cohen, au nom de tous les élus de l’opposition, a d’ailleurs fustigé la complaisance de JL Moudenc envers le Président de la République et son 1er Ministre. La contractualisation entre l’Etat et la Ville ne répond pas seulement à une simple logique de gestion financière. Il s’agit en fait d’un vrai choix politique et idéologique contre la décentralisation. « Petit à petit les collectivités territoriales vont déléguer les missions relevant du public à des structures privées en raison des contraintes financières qui pèsent sur elles. » s’est-il inquiété. « La majorité municipale affaiblit la capacité de la puissance publique territoriale qui doit répondre aux urgences sociales, climatiques et démocratiques. Elle adhère fortement à la politique libérale outrancière du gouvernement. »

Pas d’orientation ambitieuse pour la Politique de la Ville

Claude Touchefeu a émis de fortes inquiétudes au sujet des politiques sociales menées par la Municipalité. Elle regrette que le Maire de Toulouse n’ait pas de vision générale de la Politique de la Ville. « Une vraie politique sociale et solidaire doit s’appuyer sur l’ensemble des territoires et s’adresser à l’ensemble des habitants » a-t-elle remarqué. « Il manque des orientations ambitieuses. Les associations pâtissent de l’absence d’un travail de cohérence. La baisse continue des subventions vient aggraver leur situation. »

Une politique culturelle au rabais

Vincentella de Comarmond a déploré le manque d’ambition concernant le parcours culturel gratuit. Ce parcours mis en place par l’ancienne Municipalité de gauche permet à chaque élève scolarisé dans une école toulousaine d’accéder à la culture. Or sur plus de 200 000 élèves de la grande section de maternelle au CM2 qui sont susceptibles d’en bénéficier, seulement 15 000 d’entre eux y auront accès. Elle regrette aussi que « l’élargissement amorcé sur le périscolaire et l’extra scolaire en 2014 n’ait pas été poursuivi et développé. »

Vincentella de Comarmond est aussi intervenue au sujet de l’école supérieure de cirque en expliquant : « Nous approuvons la création d’une formation permettant l’accès au diplôme supérieur d’artiste circassien. Nous avions d’ailleurs lancé un groupe de travail à cet effet en 2014. Nous serons en revanche attentifs à ce que cette structure soit soutenue en termes de fonctionnement et d’investissement à la hauteur qui conviendra pour pouvoir prétendre à une habilitation ».

Enfin les élu.e.s du groupe Génération.s ont une fois de plus regretté la vente du site de Croix-Baragnon même si le choix d’y installer la maison de l’Architecture va dans le bon sens. JL Moudenc reprend ainsi le projet initié par l’ancienne municipalité sur le site du cinéma des Nouveautés. Les élu.e.s dénoncent cette politique purement financière de la gestion du patrimoine.

Le service de la petite enfance en souffrance

Tous les élus d’opposition se sont inquiétés de la situation des crèches et la difficulté manifeste de l’élue en charge de cette délégation à apporter des réponses, à nos questions comme à celles des parents et des personnels.
Claude Touchefeu a demandé un bilan de la passation de marchés de réservation de berceaux dans des crèches privées, s’inquiétant d’un glissement progressif vers une privatisation du domaine de la petite enfance. Antoine Maurice a une fois de plus demandé le bilan clair des créations (et des suppressions) de places, rappelant la suppression massive des postes d’assistantes maternelles municipales. Gisèle Verniol a souligné le fait qu’une décision prise précédemment de ne pas tenir compte des crèches ayant des projets spécifiques, amenait la Mairie à avoir recours à des subventions exceptionnelles. Enfin Pierre Lacaze a relayé le mécontentement des parents constatant une dégradation des conditions d’accueil, le manque de remplacement mettant les salariées dans des conditions de forte tension.
Tous ont dénoncé une politique de communication qui amène le maire à inaugurer ces jours ci une crèche ouverte à la fin du mandat précédent donc …depuis 4 ans !

Rien de nouveau pour le commerce

Isabelle Hardy a fait remarquer que le plan de développement du commerce et de l’artisanat proposé n’est, pour une grande partie, que la reconduite de celui engagé par l’ancienne municipalité. Les nouveautés ne sont que des mesures cosmétiques destinées à masquer le manque de vision globale et d’ambition surtout pour les commerces situés au delà des boulevards.

Les vœux pour la fin

A la toute fin du Conseil Municipal, l’assemblée a examiné les 5 vœux déposés par l’opposition.
Aucun des quatre vœux déposés conjointement par l’opposition n’a été adopté.

Ceux pour le maintien de tous les services de soins sur le site de La Grave, pour un développement des services publics répondant aux besoins de la population et sur le logement social et la loi ELAN ont été retirés par l’opposition devant la mauvaise foi manifeste de la majorité de les examiner sérieusement.
Celui pour un réinvestissement fort de l’action publique  dans les banlieues a été rejeté par la majorité.

Seul le vœu sur le durcissement de la charte de déontologie des élu-e-s municipaux a été voté à l’unanimité grâce à une démarche constructive de toutes et de tous.